Archives of Feelings
Générique
Conception, chorégraphie, mise en scène & scénographie Gisèle Vienne
Texte des voix intérieures Marie NDiaye
Autres textes les interprètes
Créé en collaboration avec et interprété par Sophie Demeyer, Angélique Flaugère, Adèle Haenel, Julien Louisy, Theo Livesey, Audrey Merilus, Katia Petrowick & Julie Shanahan
Musique originale Hildur Guðnadóttir & Polina Zhukova aka CCONTRARY
Création sonore Adrien Michel
Création lumière Nicolas Boudier & Gisèle Vienne
Régie générale et plateau Sara Ruiz Marmolejo
Régie son Adrien Michel, Géraldine Foucault Voglimacci
Régie lumière Héloïse Evano
Régie plateau Thibault Villard
Production & diffusion Paola Gilles, Raphaëlle Landré & Idil Brément
Administration Cloé Haas & Clémentine Papandrea
Partenaires
Production DACM / Compagnie Gisèle Vienne
Coproduction (en cours) Zürich Schauspielhaus // Les Nuits de Fourvière // Berliner Festspiele // Le Volcan – Scène nationale du Havre // MC2 : Grenoble – Scène Nationale // Wiener Festwochen // Festival d’Automne à Paris // Théâtre populaire romand La Chaux de Fonds Centre neuchâtelois des arts vivants // MC93 – Maison de la Culture de Seine-Saint-Denis // Théâtre National de Bretagne – Centre Européen Théâtral et Chorégraphique // Maillon, Théâtre de Strasbourg – Scène européenne // Triennale Milano Teatro // TANDEM Scène nationale Arras-Douai // La Filature, Scène nationale de Mulhouse // International Summer Festival Kampnagel, Hamburg // BIT Teatergarasjen // De Singel – Anvers // Manège – Scène nationale de Reims.
Avec le soutien de Dance Reflections by Van Clef and Arpels
Avec le soutien du Fonds SACD / Ministère de la culture Grandes Formes Théâtre
Soutien et accueil en résidence Le Quai CDN-Angers
Avec le soutien de CENT-QUATRE Paris
Remerciements au Théâtre national de Strasbourg
Présentation
A la fin d’une soirée de mariage, huit personnages restent et font famille d’une manière bricolée. La pièce se construit comme une galerie de portraits, où l’on découvre chacun des personnages comme autant d’histoires. Un moment où le présent, le passé et le futur anticipé se déplient dans toute leur densité, où le rapport entre les constructions psychiques et sociales sont rendus visibles grâce à un travail formel singulier.
Cette plongée dans les strates de ce moment, est une plongée dans le temps présent, et les influences de ces gouvernances toujours plus autoritaires et inquiétantes dans nos constructions psychiques. Ce projet est aussi une recherche de la dignité au présent.
Les personnages se retrouvent dans cette constellation inhabituelle, ils sont là ensemble du fait de ce mariage. Ce sont les restes d’une famille, et des amis qui font famille, des personnes attentionnées, ou qui essaient de l’être, avec toutes leur fragilités.
L’articulation des inquiétudes contemporaines, et des luttes pour une vie digne et une vie viable pour tous, va se traduire à travers cette galerie de personnages et ce qui les meut, c’est à dire aussi littéralement à travers leur mouvements. Ils sont traversés par des questions liées à l’éco-anxiété, à l’homosexualité et au système hétérosexuel selon Monique Wittig, au racisme et à ses formes structurelles. La notion de « passing » de sexualité, de couleur de peau ou de passing social, est également omniprésente et nous permet de questionner ce qui définit le réel et qui dans la société le définit.
Il s’agit là d’une première collaboration avec l’écrivaine Marie NDiaye, qui écrit une pièce originale et en collaboration pour ce projet qui mêle intimement travail chorégraphique et théâtral.
Ce projet s’inscrit dans une longue recherche sur les rapports de pouvoirs et leur construction. Il permet l’étude minutieuse des différentes types de rapports de pouvoir, ce qui les lie et les différencie, à travers les gestes dans nos expériences quotidienne. Leurs formes multiples caractérisent le phénomène, et ce qui fait chorégraphie et texte.
*La notion de « passing »*
Dans le contexte du genre, le passing se réfère à la capacité d’une personne à être considérée, en un seul coup d’oeil, comme une personne cisgenre.
Dans le documentaire de Jennie Livingston, Paris is Burning (1991), Doriant Corey dit, en parlant à la caméra tout en se maquillant : «À partir du moment où tu peux passer auprès du regard lambda, ou même du regard aguerri, sans qu’ils décèlent que tu es gay, c’est là que c’est réel […] L’idée de réel, c’est de ressembler le plus possible à ton alter ego hétérodoxies. C’est pas une imitation ou une parodie. Non, c’est être capable d’être vraiment cette femme. »
Par extension, la notion de passing est utilisée aussi, pour les personnes racisées qui peuvent passer pour blanches (Comme par exemple dans le livre de Marie NDiaye, « Ladivine »), ou bien dans le cadre des classes sociales, lorsqu’une personne d’un milieu social défavorisé peut sembler être aisée, peut sembler sans aucun doute, parmi des personnes d’une classes sociale favorisée.